{"id":901,"date":"2010-02-25T17:35:53","date_gmt":"2010-02-25T17:35:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.againstchildtrafficking.org\/?p=901"},"modified":"2010-08-20T17:37:02","modified_gmt":"2010-08-20T17:37:02","slug":"dans-les-coulisses-de-ladoption-internationale-visite-dune-usine-a-bebes-au-vietnam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.againstchildtrafficking.org\/archive\/dans-les-coulisses-de-ladoption-internationale-visite-dune-usine-a-bebes-au-vietnam\/","title":{"rendered":"Dans les coulisses de l&#8217;adoption internationale. Visite d&#8217;une &#8220;usine \u00e0 b\u00e9b\u00e9s&#8221; au Vietnam"},"content":{"rendered":"<div>Source: <a href=\"http:\/\/www.courrierinternational.com\" target=\"_blank\">www.courrierinternational.com<\/a><br \/>\nDate: 2010-02-25<\/div>\n<p>South China Morning Post, Hong Kong. Reportage.<\/p>\n<p>Des couples viennent du monde entier \u00e0 Lang Son, au Vietnam, pour adopter des nourrissons. Sans savoir qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 vendus par leur m\u00e8re pour une bouch\u00e9e de pain.<\/p>\n<p>Dans une cahute crasseuse jouxtant l&#8217;entr\u00e9e d&#8217;un orphelinat, \u00e0 l&#8217;extr\u00eame nord du Vietnam, la m\u00e8re de Hoang pose un regard inquiet \u2014 elle semble \u00e9cartel\u00e9e entre instinct et r\u00e9signation &#8211; sur son premier b\u00e9b\u00e9, tandis qu&#8217;on le lui prend pour le remettre \u00e0 une femme qui me le propose pour 10 000 dollars [7 000 euros]. &#8220;Regardez-le, c&#8217;est un si joli petit gar\u00e7on&#8221;, me lance Tang Th\u00ee Cai, n\u00e9gociante en enfants de son m\u00e9tier, alors que le nourrisson de 2 mois agite les jambes et cligne des yeux. &#8220;Si vous le voulez, d\u00e9p\u00eachez-vous. Nous avons d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 les formalit\u00e9s pour le confier \u00e0 l&#8217;orphelinat, il n&#8217;y a pas de temps \u00e0 perdre.&#8221; Sentant mon h\u00e9sitation pendant qu&#8217;elle s&#8217;affaire dans la pi\u00e8ce insalubre, Mmc Cai poursuit sa ritournelle commerciale. &#8220;Si vous pr\u00e9f\u00e9rez une fille, dites-le-moi Nous avons des femmes enceintes sur le point d&#8217;accoucher. D\u00e8s qu&#8217;une petite fille est disponible, nous pouvons vous t\u00e9l\u00e9phoner.&#8221;<!--more--><\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, le Vietnam est venu se ranger \u00e0 la quatri\u00e8me place mondiale en mati\u00e8re d&#8217;adoption internationale apr\u00e8s la Chine, la Russie et la Cor\u00e9e du Sud. Au plus fort de la tendance, quelque 2 500 enfants \u00e9taient adopt\u00e9s chaque ann\u00e9e au Vietnam. Mais l&#8217;attrait de r\u00e9tributions d\u00e9passant 10 000 dollars par enfant adopt\u00e9 dans un pays o\u00f9 le revenu annuel moyen ne d\u00e9passe gu\u00e8re un dixi\u00e8me de cette somme est \u00e0 l&#8217;origine d&#8217;une myriade d&#8217;affaires de corruption. Celles-ci jettent le discr\u00e9dit sur les programmes internationaux et s\u00e8ment le doute sur des dizaines de milliers d&#8217;adoptions. En 2008, des enqu\u00eateurs am\u00e9ricains ont d\u00e9couvert que de nombreux b\u00e9b\u00e9s pr\u00e9tendument abandonn\u00e9s sur les marches d&#8217;h\u00f4pitaux et d&#8217;orphelinats avaient en r\u00e9alit\u00e9 \u00e9t\u00e9 vendus par leurs m\u00e8res. Il est par ailleurs de notori\u00e9t\u00e9 publique que les autorit\u00e9s falsifient certains documents pour faciliter l&#8217;adoption de ces enfants par des couples \u00e9trangers. Les enqu\u00eateurs ont m\u00eame mis le doigt sur plusieurs cas impliquant des familles qui n&#8217;avaient jamais eu l&#8217;intention de faire adopter leur enfant. Ils ont \u00e9galement recueilli les preuves de l&#8217;existence de &#8220;foyers de maternit\u00e9&#8221; identiques \u00e0 celui que dirige Mmc Cai, o\u00f9 les m\u00e8res sont pay\u00e9es l&#8217;\u00e9quivalent de onze mois de salaire par nourrisson remis.<\/p>\n<p>Dans ce qui ressemble plus \u00e0 une prison qu&#8217;\u00e0 une maternit\u00e9, quatre m\u00e8res bercent leur b\u00e9b\u00e9. Si je refuse l&#8217;offre de Mme Cai, l&#8217;enfant va \u00eatre vendu \u00e0 l&#8217;orphelinat de Lang Son, situ\u00e9 \u00e0 dix kilom\u00e8tres \u00e0 peine de la fronti\u00e8re avec la Chine. L\u00e0, il sera propos\u00e9 \u00e0 prix d&#8217;or \u00e0 des couples sans enfants venus des quatre coins du monde. Alors que les adoptants d\u00e9boursent des milliers de dollars, les m\u00e8res biologiques n&#8217;en re\u00e7oivent qu&#8217;une infime partie. Elles m\u00e8nent \u00e0 terme leur grossesse dans une mis\u00e8re sans nom, avant de passer quelques semaines pelotonn\u00e9es avec leur b\u00e9b\u00e9 sur des lits en bois branlants, align\u00e9s bout \u00e0 bout. Dans Une autre pi\u00e8ce, le plus souvent ferm\u00e9e \u00e0 double tour, plusieurs femmes enceintes jusqu&#8217;au cou se reposent allong\u00e9es sur des lits. Mme Cai leur offre le g\u00eete et le couvert en \u00e9change de la promesse qu&#8217;elles lui remettront leur b\u00e9b\u00e9 afin qu&#8217;il soit adopt\u00e9. &#8220;On ne peut pas les d\u00e9ranger parce qu&#8217;elles doivent se m\u00e9nager&#8221;, m&#8217;annonce MM Cai. Embarrass\u00e9e le temps d&#8217;un instant par les conditions miserables dans lesquelles vivent ces m\u00e8res et ces enfants, la maitresse des lieux plaisante : &#8220;Vous savez quoi ? Vous pouvez adopter Hoang gratuitement si vous achet\u00e9s des ventilateurs et des climatiseurs pour ces chambres. Je Voudrais tellement am\u00e9liorer les conditions de vie des filles! Mais, comme vous le voyez, nous avons tr\u00e8s peu d&#8217;argent.&#8221; Plus tard, alors que les jeunes m\u00e8res ne peuvent l&#8217;entendre, elle renoue avec son baratin de commer\u00e7ante. &#8220;Si vous passez par une agence \u00e0 Hanoi, cela vous co\u00fbtera 16 000 dollars pour adopter un enfant. Si vous passez directement par moi, vous ne paierez que 10 000 dollars pour ramener Hoang chez vous. Je peux vous mettre en COntact avec des personnes qui s&#8217;occuperont de toutes les formalit\u00e9s administratives.&#8221;<br \/>\nTel est la face du business des b\u00e9b\u00e9s vietnamiens que les adoptants \u00e9trangers ne voient pas &#8211; une ligne de production d\u00e9primante constitu\u00e8e de jeune m\u00e8res que la pauvret\u00e9, la honte et l&#8217;app\u00e2t du gain incitent \u00e0 abandonner leur b\u00e9b\u00e9.<br \/>\nJouant la r\u00f4le d&#8217;un p\u00e8re adoptif potentiel, je suis arriv\u00e9 ici quatre Jours apr\u00e8s un groupe de six couple\u00e9 irlandais qui ont emprunt\u00e9 les canaux d&#8217;adoption officiels. Ils circulent dans un minibus climatis\u00e9, qui est pass\u00e9 sans s&#8217;arr\u00eater devant la maison de Mme Cai, et sont all\u00e9s chercher leurs b\u00e9b\u00e9s dans les locaux plus pr\u00e9sentables de l&#8217;orphelinat. Chacun d&#8217;eux a d\u00e9bours\u00e9 approximativement 7 500 euros. Ce qu&#8217;ils ignorent, c&#8217;est que la vie de leurs bouts de chou a commenc\u00e9 non pas dans les villages des m\u00e8res ou \u00e0 l&#8217;orphelinat, mais dans le cloaque de l&#8217;usine \u00e0 b\u00e9b\u00e9s, derri\u00e8re la maison de Mme Cai. &#8220;Ces six b\u00e9b\u00e9s viennent tous d&#8217;ici. Si je n&#8217;\u00e9tais pas l\u00e0, il n&#8217;y aurait pas d&#8217;enfants \u00e0 adopter&#8221;, clame-t-elle. Cela fait dix ans que Mme Cai sert d&#8217;interm\u00e9diaire. Elle offre un refuge officieux aux femmes qui portent un enfant non d\u00e9sir\u00e9 et vivent dans la province montagneuse et recul\u00e9e de Lang Son, une r\u00e9gion pauvre qui vit essentiellement de la contrebande avec le sud de la Chine. Nombre de femmes qui se rendent chez Mme Cai sont issues de familles paysannes dont les revenus ne d\u00e9passent gu\u00e8re 1 dollar par jour. Affable et maternelle, l&#8217;interm\u00e9diaire les accompagne au fil de leur grossesse, les emm\u00e8ne accoucher \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital public de Lang Son et leur offre un g\u00eete miteux, le temps de faire les examens m\u00e9dicaux obligatoires et d&#8217;entamer les formalit\u00e9s administratives complexes qui pr\u00e9c\u00e8dent l&#8217;adoption. Une fois l&#8217;enfant adopt\u00e9, la m\u00e8re retourne vivre dans son village &#8211; sans aucun suivi m\u00e9dical postnatal.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de l&#8217;automne 2009, six fonctionnaires d&#8217;une autre province situ\u00e9e au sud de Hanoi ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 des peines de prison comprises entre quinze et dix-huit mois pour avoir falsifi\u00e9 des documents en \u00e9change d&#8217;argent. Alors officiellement abandonn\u00e9s, plusieurs centaines de b\u00e9b\u00e9s devenaient disponibles pour une adoption \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, avec de coquettes sommes \u00e0 la cl\u00e9. Publi\u00e9 en 2008, un rapport de l&#8217;ambassade des Etats-Unis d\u00e9non\u00e7ant la corruption massive dans les proc\u00e9dures d&#8217;adoption a d\u00e9clench\u00e9 ces arrestations. Ce document a m\u00eame pouss\u00e9 les Etats-Unis \u00e0 suspendre les adoptions et contribu\u00e9 \u00e0 ce que l&#8217;Irlande mette un terme, en mai, \u00e0 l&#8217;accord autorisant ses ressortissants sans enfant \u00e0 en adopter un au Vietnam. Cela \u00e9tant, d&#8217;autres pays ne leur ont pas embo\u00eet\u00e9 le pas, et, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des centaines de b\u00e9b\u00e9s ont quitt\u00e9 les orphelinats vietnamiens pour rejoindre un foyer en Italie, au Canada, en France, en Belgique et au Danemark.<\/p>\n<p>Les six couples irlandais, dont les demandes avaient \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es avant la date butoir du 1er mai 2009, ont \u00e9t\u00e9 escort\u00e9s par l&#8217;agence d&#8217;adoption et les responsables de l&#8217;orphelinat tout au long de leur voyage jusqu&#8217;\u00e0 Lang Son. Selon une administratrice de l&#8217;orphelinat, celui-ci compte 95 enfants, dont 20 \u00e0 25 \u00e2g\u00e9s de moins de 1 an. Tous attendent un nouveau foyer &#8211; le pourcentage d&#8217;enfants en bas \u00e2ge est \u00e9tonnamment \u00e9lev\u00e9 pour un orphelinat standard. &#8220;La situation est tr\u00e8s sensible en ce moment, et nous ne pouvons laisser entrer personne sans autorisation sp\u00e9ciale&#8221;, m&#8217;informe-t-elle. A l&#8217;ext\u00e9rieur, dans la rue, la propri\u00e9taire d&#8217;un caf\u00e9 est plus encline \u00e0 commenter les activit\u00e9s de l&#8217;institution. &#8220;C&#8217;est un d\u00e9fil\u00e9 ininterrompu d&#8217;\u00e9trangers. Des groupes arrivent en minibus et repartent avec des b\u00e9b\u00e9s, ils vont et viennent sans cesse, confie-t-elle. Tout comme pour les touristes, il en arrive plus ou moins en fonction des saisons. Pendant la haute saison, \u00e0 partir de novembre, un bus se pr\u00e9sente tous les huit ou quinze jours. En \u00e9t\u00e9, lorsque le climat est tr\u00e8s chaud et humide, il en arrive peut-\u00eatre une fois par mois. Ils viennent de tout un tas de pays.&#8221; Indiquant du doigt la maison de Mme Cai, la femme poursuit : &#8220;Les filles enceintes vont chez elle. Elle s&#8217;en occupe et remet les b\u00e9b\u00e9s \u00e0 l&#8217;orphelinat en \u00e9change d&#8217;argent. Presque tous les enfants de l&#8217;orphelinat sont pass\u00e9s par elle.&#8221;<br \/>\nTr\u00e8s simple, la maisonnette \u00e0 un \u00e9tage ne trahit rien des activit\u00e9s qui s&#8217;y d\u00e9roulent. Lorsque Mme Ca\u00ef m&#8217;invite \u00e2 prendre le th\u00e9 dans le salon, \u00e0 l&#8217;avant de la maison, seuls son mari et sa petite-fille sont visibles. Mais, quand je l&#8217;interroge sur la possibilit\u00e9 d&#8217;adopter un enfant directement aupr\u00e8s d&#8217;elle, elle me guide \u00e0 travers deux portes lat\u00e9rales jusqu&#8217;\u00e0 une cour ferm\u00e9e, b\u00e9tonn\u00e9e, \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re de l&#8217;habitation. C&#8217;est l\u00e0 que sont h\u00e9berg\u00e9s les femmes enceintes, les m\u00e8res et les nouveau-n\u00e9s, dans des pi\u00e8ces exigu\u00ebs \u00e0 l&#8217;atmosph\u00e8re suffocante. Les pensionnaires se partagent une cuisine install\u00e9e sous un toit de t\u00f4le et des toilettes \u00e0 ciel ouvert r\u00e9pugnantes. Hoang est un exemple typique des nourrissons qui vivent ici, m&#8217;explique Mme Cai, apr\u00e8s m&#8217;avoir propos\u00e9 de l&#8217;acheter. Sa m\u00e8re, qui a 25 ans, vit dans un village perch\u00e9 dans les montagnes. Lorsqu&#8217;elle \u00e9tait encore une jeune adolescente, sa famille l&#8217;a mari\u00e9e \u2014 cette pratique reste commune dans le nord rural du Vietnam. Et, pendant des ann\u00e9es, elle n&#8217;a pas pu avoir d&#8217;enfant. &#8220;Plus tard, lorsqu&#8217;elle est tomb\u00e9e enceinte, elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 s\u00e9par\u00e9e de son mari, qui avait pris une concubine, raconte Mme Cai. Elle ne voulait pas \u00e9lever l&#8217;enfant toute seule, alors elle est venue me voir pour faire adopter son b\u00e9b\u00e9. Je ne fais pas de publicit\u00e9, mais je suis connue et toutes les personnes dans cette situation savent ou me trouver.&#8221; Une des femmes qui partagent la pi\u00e8ce miteuse o\u00f9 vivent Hoang et sa m\u00e8re a 28 ans. Elle a accouch\u00e9 de jumeaux voil\u00e0 deux mois. &#8220;Elle a d\u00e9j\u00e0 deux enfants et, si elle garde ces deux gar\u00e7ons, elle sera p\u00e9nalis\u00e9e par la politique vietnamienne de limitation des naissances \u00e0 deux enfants, m&#8217;informe Mme Cai. Elle est venue ici pour que ses fils puissent mener une nouvelle vie dans une autre famille.&#8221; L&#8217;interm\u00e9diaire insiste : elle ne re\u00e7oit qu&#8217; &#8220;une petite somme&#8221; de l&#8217;orphelinat en \u00e9change de son approvisionnement en nourrissons. L&#8217;argent qu&#8217;elle remet aux m\u00e8res qui abandonnent leur b\u00e9b\u00e9 est suffisant, dit-elle, pour couvrir le co\u00fbt du voyage de retour et constituer &#8220;une petite compensation&#8221; pour la perte de leur enfant.<br \/>\n&#8220;J&#8217;aimerais pouvoir faire davantage pour elles&#8221;, soupire Mme Cai.<\/p>\n<p>224 euros<br \/>\npour la m\u00e8re en \u00e9change<br \/>\nde son enfant<\/p>\n<p>Ses activit\u00e9s sont \u00e9tonnamment similaires \u00e0 celles de nombreuses organisations illicites d&#8217;autres provinces d\u00e9nonc\u00e9es dans le rapport de 2008 de l&#8217;ambassade des Etats-Unis. Selon ce document, les structures incrimin\u00e9es &#8220;nourrissent et logent gratuitement les femmes enceintes en \u00e9change de leur engagement \u00e0 abandonner leur enfant \u00e0 la naissance&#8221;. Le rapport poursuit : &#8220;Aucune de ces structures ne fait ouvertement de publicit\u00e9 pour ses services. Les femmes apprennent leur existence exclusivement par le bouche-\u00e0-oreille. Comme ces structures sont ouvertes et que les femmes sont libres d&#8217;y entrer et d&#8217;en sortir, elles contractent une dette pour chaque nuit qu &#8216;elles y passent, et, si elles ne renoncent pas \u00e0 leur enfant, elles devront s&#8217;acquitter de cette dette.&#8221; Toujours selon le rapport, les m\u00e8res &#8220;vivent souvent dans la mis\u00e8re&#8221; et, \u00e0 leur d\u00e9part, elles re\u00e7oivent &#8220;jusqu&#8217;\u00e0 6 millions de dongs [224 euros] en \u00e9change de leur enfant&#8221;. Qui plus est, &#8220;si la source de financement de ces structures n&#8217;est pas claire, elles semblent entretenir des liens \u00e9troits avec les orphelinats voisins&#8221;.<\/p>\n<p>A quelques heures de route de Lang Son, \u00e0 Hanoi, les couples irlandais go\u00fbtent \u00e0 leur toute nouvelle vie de famille. La r\u00e9glementation oblige les parents et leur b\u00e9b\u00e9 \u00e0 s\u00e9journer une quinzaine de jours dans la capitale vietnamienne en attendant l&#8217;obtention de passeports et de visas de sortie. Nul doute que ces enfants auront de bien meilleures conditions de vie et plus de chances de s&#8217;\u00e9panouir en Irlande qu&#8217;au Vietnam. N\u00e9anmoins, ce qui se passe \u00e0 Lang Son soul\u00e8ve de graves interrogations sur les processus d&#8217;adoption, sur les personnes qui en profitent et sur la motivation de certaines m\u00e8res. Pour l&#8217;instant, \u00e0 l&#8217;heure des toutes premi\u00e8res joies de la parent\u00e9, alors qu&#8217;en Irlande des chambres pr\u00e9par\u00e9es avec amour attendent le nouveau membre de la famille, ces couples ont peut-\u00eatre l&#8217;impression de poss\u00e9der les r\u00e9ponses \u00e0 l&#8217;ensemble des questions qu&#8217;ils se posent \u00e0 propos de ces adoptions. Mais, lorsque leurs b\u00e9b\u00e9s grandiront, lorsqu&#8217;ils seront devenus des adolescents curieux et conscients d&#8217;eux-m\u00eames, il se peut qu&#8217;ils posent alors \u00e0 leurs parents des questions auxquelles il sera tr\u00e8s difficile de r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Simon Parry<br \/>\nCourrier International n\u00b01008 du 25 f\u00e9vrier au 3 mars 2010.<br \/>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Source: www.courrierinternational.com Date: 2010-02-25 South China Morning Post, Hong Kong. Reportage. Des couples viennent du monde entier \u00e0 Lang Son, au Vietnam, pour adopter des nourrissons. Sans savoir qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 vendus par leur m\u00e8re pour une bouch\u00e9e de pain. 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